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Le Paris JUG, c’est 200 passionnés qui se réunissent une soirée par mois pour assister à une présentation technique gratuite, dans une ambiance décontractée. Le succès est tel qu’il ne faut que quelques heures pour que la totalité des places soit réservée.

A l’occasion de ses 3 ans d’existence, l’association organisait lundi 28 février dernier une soirée à la cité universitaire de Paris, dans un amphithéâtre qui lui permettait d’accueillir 500 personnes. Cette fois-ci, la soirée se voulait non technique, mais tout aussi sympathique. Le thème “Siffler en travaillant”, retenu pour l’occasion, fût repris dans l’ensemble des présentations, c’est à dire la keynote d’ouverture, d’une durée de 45 minutes, et 8 talks de 15 minutes chacun.

Keynote : “Siffler en télétravaillant”

Le discours d’ouverture était présenté par Nicole Turbé-Suetens, expert télétravail auprès de la commission européenne, et fondatrice de Distance Expert, un réseau d’experts en management à distance et télétravail. Elle a écrit plusieurs livres sur le sujet et intervient régulièrement en conférence, notamment lors du dernier TEDx Paris. Autant dire qu’elle connait le sujet.

Le constat est simple et unanime : les transports domicile – travail amputent nos journées, accentuent la fatigue et le stress, et surtout, sont complètement stériles : ce temps est entièrement perdu.

La durée moyenne passée dans les transports en région Parisienne est d’environ 1H30, transports en commun et personnels confondus. Or, ces réseaux sont saturés, et aucune amélioration significative n’est prévisible dans un futur proche. Une amélioration des conditions de travail passe donc par un changement, qui se pourrait être le télétravail.

Le télétravail concerne les salariés qui travaillent régulièrement à partir d’un lieu différent de leur lieu de travail habituel, en utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Nicole Turbé-Suetens nous explique que l’accord national sur le télétravail date de 2005 et que différents accords de branche et d’entreprise (c’est-à-dire conclus au sein d’un secteur d’activité ou d’une entreprise) ont par la suite été signés. Le monde du travail évolue, et s’intéresse de plus en plus au télétravail, cependant, cette évolution n’est pas chiffrée, et surtout, rien n’est contractualisé. C’est à dire que les différents acteurs du télétravail se trouvent dans une situation informelle et qu’ils s’exposent à un risque juridique.

Malgré l’adoption progressive du télétravail, beaucoup de managers restent réticents, principalement dans un souci de contrôle de leurs employés. Le problème soulevé concerne le rôle du manager, et son rapport de confiance avec l’employé. Madame Turbé-Suetens évoque par ailleurs le manque de reconnaissance de l’expertise en France, et la survalorisation de la filière management. Pour elle, c’est une des causes des problèmes de management qui existent en France. C’est un problème qui est souvent évoqué dans la communauté du Paris JUG, et une remarque fortement applaudie.

Finalement, le télétravail, c’est choisir ses conditions de travail, économiser du temps de trajet, mais c’est aussi la possibilité de travailler dans les espaces de coworking, comme La Cantine, ce qui crée une réelle émulation et de nombreux échanges, et donc un enrichissement mutuel.

Le télétravail se développe significativement depuis la rentrée 2010. C’est probablement en partie dû à l’épidémie de grippe A qui a poussé les entreprises à préparer leur infrastructure pour cela.

L’indépendance par Mathilde Lemée

Mathilde Lemée est issue du monde des SSII, et après une mauvaise expérience, et malgré son statut de « junior », elle décide de se lancer en tant qu’indépendante.

Suite à son changement de situation, elle a pu apprécier un doublement de son salaire. J’aimerais cependant modérer ce propos : attention, si vous empochez en effet la part de la SSII, il ne faut pas oublier que lors de périodes d’inter contrat, vous n’avez aucun salaire, et que vos congés ne sont pas payés.

Au-delà de l’aspect financier, Mathilde nous explique que l’indépendance, c’est avant tout une relation différente avec le client, la possibilité de lui proposer le télétravail par exemple, ou une adaptation des horaires, chose beaucoup moins évidente avec des intermédiaires plus nombreux. C’est aussi la possibilité de profiter des périodes d’inter contrat pour se former, partir en voyage ou retaper sa maison (avec la gestion financière que cela implique).

Elle termine en nous rappelant que l’indépendance, c’est avant tout un choix, et non une chance.

Réinventer l’indépendance, donner du sens au collectif

Olivier Jouan nous présente Port Parallèle, une coopérative d’entreprises intimement liée au Paris JUG puisqu’elle a été son premier sponsor en 2008. C’est d’ailleurs au sein de cette structure que travaille Antonio Goncalves, le président de l’association.

La coopérative permet d’offrir une structure administrative et comptable aux entrepreneurs qui décident d’en faire partie, ce qui leur permet de conserver s’ils le souhaitent leur statut d’indépendant, tout en leur offrant un cadre de travail rassurant.

Office code

Catherine Gall, quant à elle, nous propose une analyse des cultures nationales. Chaque culture, anglophone, scandinave, africaine, nippone, (…), peut être classée suivant 5 critères (seuls 4 ont été abordés durant la présentation), représentés par des animaux

  • La culture hiérarchique, du lion (autoritaire) au dauphin (participative)
  • Le degré d’individualisme, du chat (individualiste) aux poissons (groupe)
  • Les valeurs homme/femme, du cerf (compétition) aux abeilles (coopération)
  • La tolérance à l’incertitude, du caméléon (adaptation) à la marmotte (peur du changement)

Tout le travail d’analyse culturelle nationale repose sur l’étude de l’équilibre entre l’affirmation de la culture d’entreprise et la valorisation des différences individuelles.

C’est un sujet vaste qui mérite qu’on s’y attarde particulièrement dans le cadre d’un projet international, ou tout simplement dans des équipes polyculturelles.

Getting Things Done (GTD)

Emmanuel Bernard ne nous a cette fois pas parlé technique. Enfin si, mais technique d’organisation et de self-management, le Getting Things Done, que l’on pourrait définir comme un ensemble de bonnes pratiques et d’astuces visant à terminer ce que l’on doit faire. Il présente les grandes lignes de la gestion de tâches : recensement, classification, priorisation, traitement, et revue.

Avec ces techniques, on évite plus facilement les TODO listes à rallonge dans lesquelles se mélangent des tâches de nature ou contexte différent.

Mais le GTD selon moi, c’est aussi, une fois que l’on a assimilé ces notions de classification, trouver les outils qui correspondent à son organisation et sa méthodologie, sans tomber dans le piège de la recherche perpétuelle de l’outil idéal. Il existe des dizaines d’outils plus ou moins complets, et parfois, un simple carnet remplit parfaitement son rôle.

A noter : le Getting Things Done est désormais une marque déposée.

Réflexion sur le métier de développeur

Didier Girard définit le métier de développeur comme difficile et précaire, car nécessitant une formation continue, mais estime que nous, développeurs, vivons un nouvel âge d’or : il est à l’heure actuelle très facile de trouver un emploi. Mais cette employabilité évolue dans le temps, en fonction de l’engouement autour d’une technologie ou d’un framework. Il est nécessaire de savoir détecter les seuils d’évolution de son employabilité, c’est-à-dire les moments où il est bon de tout miser sur une technologie, ou au contraire préférable de changer de cap et de réorienter sa formation .

Il revient sur ce qu’a déjà évoqué Madame Turbé-Suetens, en parlant des chefs de projets qui ne codent pas, et je retiendrai cette question qu’il pose aux aspirants chefs qui ne veulent plus coder, plutôt amusante : “Qu’est-ce qu’un chef cuisinier qui ne cuisine pas?” et à laquelle il répond “C’est un manager chez Mc Do!”.

Pour résumer, si vous voulez vous épanouir dans le métier de développeur et assurer votre avenir, travaillez votre savoir-faire, travaillez votre faire-savoir, développez votre réseau, entreprenez et innovez.

Devops

Derrière ce mot se cache en fait un mouvement visant à réduire la fracture qui sépare les mondes du développement et de la production.

A travers une analogie sympathique et une petite histoire au cours de laquelle un barbecue deviendra une usine à gaz, Patrick Debois nous rappelle que le développement se poursuit en production.

Selon lui, un bon développeur est avant tout un développeur qui sait travailler avec les autres (=les exploitants), et sait travailler l’exploitabilité de l’application qu’il développe, c’est à dire la production de logs utiles, la mise en place de moyens de monitoring et de backup, ainsi que la prise en compte des contraintes de performances.

Tout comme le développement agile, le DevOps rassemble les bonnes pratiques nécessaires à la résolution des problèmes et le bon déroulement de l’ensemble du cycle de développement et production d’une application.

Mettre une application sur Android Market avant la fin de la soirée

Un titre plutôt aguicheur pour Stéphane Jacquemain et Maxime Tricoire, venus partager leur expérience de développement et mise sur le marché d’applications Android. Ils nous expliquent comment un soir ils ont décidé de développer une application simple, un allume-gaz, « pour essayer ». Suite au succès de celle-ci -1500 téléchargements en 3 jours-, ils ont poursuivi leur aventure avec d’autres applications simples comme une corne de brume, une sirène, un briquet, avec pour objectif de découvrir une nouvelle partie de l’API à chaque fois.

Depuis, ils cumulent plus de 7 millions de téléchargements, et ont monétisé le tout avec la publicité, ce qui leur permet désormais d’en vivre (plutôt bien).

Cela donne vraiment envie d’essayer, Stéphane et Maxime sifflent en travaillant et ça se voit. L’avantage d’une telle aventure, c’est qu’elle ne nécessite pas au départ de tout quitter pour essayer. Il suffit d’y consacrer un peu de temps personnel pour commencer.

Du bancaire au Nabaztag

Le Nabaztag, c’est ce lapin en plastique connecté en wifi et qui agite ses oreilles en vous donnant la météo et lisant vos e-mails. La société qui le commercialisait, Violet, était en sursis suite à une chute de son chiffre d’affaire, et a été rachetée par Mindscape. La société a renommé le lapin en « Karotz », et souhaite donner un coup de neuf au concept en offrant une réelle plateforme de développement.

C’est pour travailler sur cette plateforme que Julien Cheype a quitté le monde bancaire. Il partage avec nous son expérience et la façon dont il a abordé les contraintes spécifiques du projet, et comment il a pris plaisir à chercher des solutions : Amazon EC2 pour sa rapidité de mise en oeuvre et la scabilité, les Servlet 3 pour tenir la charge des centaines de milliers de lapins connectés, Protocol Buffer pour économiser de la bande passante, Google V8 pour la performance d’exécution des applications javascript au sein de l’environnement Linux embarqué.

Je vous recommande la catégorie « développement » du blog de Karotz, on y apprend beaucoup sur l’architecture technique du système, les différentes parties de l’API ou le SDK.

Le (jeu de) mot de la fin

Une soirée qui se déroule aussi bien, grâce au travail des bénévoles et au soutien des sponsors, ça mérite bien de siffler…une coupe de champagne (mais pas en travaillant) !


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