Tags

, , ,

devoxxfr_0

Les 18, 19 et 20 Avril dernier j’ai eu la chance de participer à DevoxxFR (déclinaison francophone de Devoxx).

Avec plus de 1200 inscrits, 199 intervenants et 133 sessions, c’est la conférence pour développeurs de ce début d’année.

Cette cuvée 2012 se décline sur 4 grands thèmes, Web, Mobile et le Cloud, Langages alternatifs sur la JVM, Entreprises et pratiques, Java, Java EE et Architectures.

En quelques mots, ce cru DevoxxFR 2012 fût vraiment excellent !
Si vous avez l’occasion d’assister à ce genre d’évènement, foncez sans hésitez.

A travers une série de 3 articles, je vais tenter de vous transmettre l’intérêt et le plaisir que j’ai eu à assister à cette conférence.
Pour ce premier billet, je reviendrai sur les sessions qui ont attiré mon attention par leur originalité.
Le second article sera centré sur le thème des tests.
Pour le troisième et dernier je reviendrai sur les sessions touchant à java et son écosystème.

Fier d’être développeur par Pierre Pezziardi (@ppezziardi)
Je retiens de cette keynote les points suivants (pas forcément dans l’ordre) : egoless programming manifesto; un développeur n’est pas son code et un avis critique sur son code n’est pas une critique de sa propre personne; il faut regarder au-delà de l’intérêt technique du code pour comprendre sa valeur métier et donc son intérêt pour l’entreprise; le step by step, les cycles courts et les delivery rapides débouchent souvent sur de très bons résultats.

Heaven And Hell par Ben Evans (@kittylyst) et Martijn Veburg (@karianna)
Une keynote pleine d’humour, qui propose les possibles avenirs de la plateforme java. D’abord une vision du monde idyllique dans laquelle java est le n°1 des langages, ou l’avenir est radieux. Puis passage au côté obscur, les speakers se transforment, lunettes noires, blouson de cuir, java est victime de sa complexité, les développeurs fuient pour la plateforme .Net.
L’avenir de java et de sa JVM est incertain, il est pleinement lié aux  développeurs et à leur manière de s’investir sur les nouvelles versions de la plateforme.

Portrait du développeur en the Artist par Patrick Chanezon (@chanezon)
Sur fond d’image du film the Artist, Patrick nous raconte l’histoire de Georges. Développeur depuis 3 ans, il est catapulté chef de projet.
Georges rédige des spécifications interminables, les développements s’éternisent et la complexité de l’application le dépasse complètement. Elle passe en production, ne répond pas au besoin, les utilisateurs la détestent.

Georges est promu directeur de projet. Il se met au golf, fait de l’architecture sur papier et ne code plus.
Mais Georges s’ennuie dans son boulot, il a des équipes de 30 développeurs, fait une release tous les 3 ans, ses applications sont énormes, inmaintenables et ne fonctionnent pas.
Georges s’effondre, il déprime, se sent inutile et finit par se faire virer.

Patrick nous présente alors l‘évolution du monde de l’informatique pendant que Georges jouait au golf : les mainframes, le client-server, le web, le cloud et le mobile.

Georges se ressaisit, il remet les mains dans le cambouis. Il va à une soirée du ParisJUG, il découvre Scala, Html5, NodeJS. Il retrouve l’appétit, il code chez lui, se met à l’open source et lit beaucoup. Les recruteurs se l’arrachent, il code tous les jours, fait des tests, des tests et encore des tests; il pousse du code en prod toutes les heures et son appli mobile a 10 millions d’utilisateurs. Bref Georges est heureux dans son boulot, sa carrière redécolle. Il est fier d’être développeur.
La morale de cette histoire toute en humour est que pour rester performant, il faut rester proche de la technique et toujours rester en veille face aux nouvelles technologies.

Comment tester son idée et concevoir un prototype web en un minimum de temps par Camille Roux (@camilleroux)
Je retiens cette formule choc, Une idée n’a pas de valeur (tout le monde a des idées), c’est sa réalisation, sa mise en œuvre qui a de la valeur.
Pour démarrer, Camille liste quelques petites phrases souvent prononcées à propos d’idées qui n’ont pas abouties : “j’ai ça dans les cartons”, “je finirai plus tard”, “le marché n’est pas prêt”, “je ne comprends pas pourquoi ça n’a pas marché”.
Camille déroule ensuite, sur fond de Lean Startup, les steps permettant de concrétiser une idée.
Je retiens les étapes suivantes :

  • le Lean Canvas, sorte de tableau de bord qui permet d’avoir une carte précise de l’idée à mettre en œuvre
Lean Canvas

Lean Canvas

  • Communiquer, échanger, se faire aider : ne pas hésiter à faire des interviews, un article sur un blog, contacter un expert, créer des questionnaires, une landing page, bref utiliser tout ce qui est à disposition pour avoir un maximum de retours à propos de notre idée. Ceci permettra de la valider. D’après Camille il est rare qu’une idée soit complètement mauvaise, par contre très souvent elle mérite de mûrir, d’être affinée et d’évoluer.
  • Réfléchir à la monétisation. Il est difficile de faire évoluer un service gratuit vers un service payant, Camille conseille le cas échéant de partir directement sur un service payant.
  • Le prototype est la dernière étape. Pour les aspects techniques, il faut un framework de développement rapide. Camille nous parle de ROR (Ruby on Rails), du côté de l’écosystème java nous pourrons penser à PlayFramework, Grails ou pourquoi pas Spring Roo.

Une session vraiment excellente, pleine de trucs et astuces, à revoir rapidement sur Parleys dès que disponible.

CodeStory
CodeStory c’est l’ovni de ce DevoxxFR. CodeStory c’est d’abord l’idée de David Gageot (@dgageot) et Jean-Laurent Morlhon (@morlhon) qui souhaitaient proposer à Devoxx FR une session de coding live sur 2 jours. Ils sont accompagnés de Eric (@ericlemerdy) et Sebastian (@seblm) LeMerdy, grands gagnants du concours CodeStory.

L’application développée est une sorte de timeline d’un projet. On y retrouve les faits marquants du projet, les différents commits, différents badges comme le plus gros commiter, celui qui casse le plus le build, etc. Cette application se connectera donc à GitHub, à Jenkins, et pourquoi pas à Trello pour récupérer ces métriques.

L’équipe est décomposée en 2 binômes. Le binôme Front dont l’écran est projeté pour le public, décrit son travail à voix haute et échange en live avec la salle. Le binôme Back, avance dans les développements sans perturbation extérieure. Les sessions de coding durent 55 min. 5 min de Stand up meeting (description de l’avancement du projet et de ce que chaque équipe va faire), 20 min de code, changement de binômes, puis 20 nouvelles minutes de code, enfin 10 min de questions réponses avec l’assistance.
Le nombre de bibliothèques utilisées est impressionnant :

  • Coté serveur : Lombok, Guava, Jersey, Jackson, Gson, librairie Github client
  • Browser : JQuery, Mustache, Less, Html 5
  • Infra : Github Enterprise, Jenkins, Sonar, Git, GRowl, IntelliJ Idea, Infinitest, Maven
  • Tests : Zombie.js, Mocha, Mockito, Fest Assert, Rest Assured.

Assister à CodeStory est une expérience à part, outre la découverte de ces bibliothèques, on découvre en live les bénéfices du TDD, la conception simple, le design émergent et l’intérêt du pair programming.
Vous pouvez retrouver les sources sur GitHub.

Les Cast Codeurs
Les cast coders est LE podcast java en français. Cette session était animée par Emmanuel Bernard (@emmanuelbernard), Antonio Goncalves (@agoncal), Arnaud Héritier (@aheritier), et Guillaume Laforge (@glaforge).
Après un retour sur cette session 2012 DevoxxFr, les duchess sont invitées à partager leurs retours, puis l’équipe de CodeStory. L’ambiance est difficile à retranscrire, le public est en feu, les speakers et speakeuses sont ovationnés. Vous pouvez vous plonger dans l’ambiance en retrouvant le podcast en ligne.

Pour terminer ce premier billet, je vais rapidement vous parler des BOF.
Un BOF (Bird of a Feather) est une session d’une heure, informelle et complètement interactive avec le public. Il n’y a pas de présentation au sens strict, mais plutôt des échanges continus entre intervenants et public.

BOF OSS en France usages et pratiques
La discussion démarre sur la question : L’âge moyen des acteurs de l’OSS augmente, comment convaincre les jeunes de mettre le pied à l’étrier ? Le fait est que les logiciels sont de plus en plus complexes et que le ticket d’entrée pour participer à un projet  est de plus en plus important.
S’en suit une discussion sur les licences OSS. Laquelle choisir ? Vaste sujet, chacun se retrouve sur le fait que le choix est spécifique au projet.

BOF de la communauté Software CrafmanShip Paris animé par Cyrille Martaire (@cyriux).
Cyrille revient rapidement sur l’histoire de la communauté parisienne.
S’en suit une discussion autour du sujet TDD : Comment convaincre et faire adhérer les membres d’une équipe ?
Une des réponses semble être d’apporter le TDD par petite touche et de mettre l’accent sur les pratiques de partage telles que coding dojo, randoris ou waza.
Toutes les sessions seront prochainement publiées sur Parleys, les interviews des différents intervenants sont déjà en ligne.

Photos de Salvador Diaz (@salvadordiaz) et slideshare.net.
Advertisements